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Victor Hugo - L'Année terrible
Et les petits oiseaux se cherchaient des querelles; Les lueurs de ce bois étaient surnaturelles; Que d'arbres! quel air pur dans les rameaux tremblants! On fut la tête blonde, on a des cheveux blancs; On fut une espérance et l'on est un fantôme. Oh! comme on était jeune à l'ombre du vieux dôme! Maintenant on est vieux comme lui. Le voilà. Ce passant rêve. Ici son âme s'envola Chantante, et c'est ici qu'à ses vagues prunelles Apparurent des fleurs qui semblaient éternelles. Ici la vie était de la lumière; ici Marchait, sous le feuillage en avril épaissi, Sa mère qu'il tenait par un pan de sa robe. Souvenirs! comme tout brusquement se dérobe! L'aube ouvrant sa corolle à ses regards a lui Dans ce ciel où flamboie en ce moment sur lui L'épanouissement effroyable des bombes. O l'ineffable aurore où volaient des colombes! Cet homme, que voici lugubre, était joyeux. Mille éblouissements émerveillaient ses yeux. Printemps! en ce jardin abondaient les pervenches, Les roses, et des tas de pâquerettes blanches Qui toutes semblaient rire au soleil se chauffant, Et lui-même était fleur, puisqu'il était enfant.
VII
LE PIGEON
Sur terre un gouffre d'ombre énorme où rien ne luit, Comme si l'on avait versé là de la nuit, Et qui semble un lac noir; dans le ciel un point sombre.
Lac étrange. Des flots, non, mais des toits sans nombre; Des ponts comme à Memphis, des tours comme à Sion; Des têtes, des regards, des voix; ô vision! Cette stagnation de ténèbres murmure, Et ce lac est vivant, une enceinte le mure, Et sur lui de l'abîme on croit voir l'affreux sceau.
Le lac sombre est la ville, et le point noir l'oiseau; Le vague alérion vole au peuple fantôme; Et l'un vient au secours de l'autre. C'est l'atome Qui vient dans l'ombre en aide au colosse.
L'oiseau
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