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Victor Hugo - L'Année terrible
Des ouragans hideux dissiper la mêlée, Et combattre, et, splendeur irritée, astre épars, Géante, tenir tête aux rois de toutes parts, Vider son carquois d'or sur tous ces Schinderhannes, Secouer sa crinière ardente, et dans leurs crânes, Dans leurs casques d'airain, dans leurs fronts, dans leurs yeux Dans leurs coeurs, enfoncer ses rayons furieux!
Vous ne comprenez pas cette haine sacrée. L'heure est sombre; il s'agit de sauver l'empyrée Qu'une nuée immonde et triste vient ternir, De dégager le bleu lointain de l'avenir, Et de faire une guerre implacable à l'abîme. Vous voyez en tremblant Paris être sublime; Et vous craignez, esprit myope et limité, Cette démagogie immense de clarté. Ah! laissez cette France, espèce d'incendie Dont la flamme indomptable est par les vents grandie, Rugir, cribler d'éclairs la brume qui s'enfuit, Et faire repentir les princes de la nuit D'être venus jeter sur le volcan solaire Leur fange, et d'avoir mis la lumière en colère! L'aube, pour ces rois vils, difformes, teints de sang, Devient épouvantable en s'épanouissant; Laissez s'épanouir là-haut cette déesse! Ne gênez pas, vous fait pour qu'on vous mène en laisse La grande nation qui ne veut pas de frein. Laissez la Marseillaise ivre de son refrain Se ruer éperdue à travers les batailles. La lumière est un glaive; elle fait des entailles Dans le nuage ainsi qu'un bélier dans la tour; Laissez donc s'accomplir la revanche du jour! Vous l'entravez lieu de l'aider. Dans l'outrage, Un grand peuple doit être admirable avec rage. Quand l'obscurité fauve et perfide a couvert La plaine, et fait un champ sépulcral du pré vert, Du bois un ennemi, du fleuve un précipice, Quand elle a protégé de sa noirceur propice Toutes les trahisons des renards et des loups, Quand tous les êtres bas, visqueux, abjects, jaloux, L'affreux lynx, le chacal boiteux, l'hyène obscène, L'aspic lâche, ont pu, grâce à la brume malsaine, Sortir, rôder, glisser, ramper, boire du sang, Le matin vient ainsi qu'un vengeur, et l'on sent De l'indignation dans le jour qui se lève. Guillaume, ce spectre, et la Prusse, ce rêve,
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