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Victor Hugo - L'Année terrible
Si vous ne fermez pas derrière vous la porte Par où vous arrivez;
Si je ne vous vois pas comme une belle femme Marcher, vous bien porter, Rire, et si vous semblez être une petite âme Qui ne veut pas rester,
Je croirai qu'en ce monde où le suaire au lange Parfois peut confiner, Vous venez pour partir, et que vous êtes l'ange Chargé de m'emmener.
DECEMBRE
I
Ah! c'est un rêve! non! nous n'y consentons point. Dresse-toi, la colère au coeur, l'épée au poing, France! prends ton bâton, prends ta fourche, ramasse Les pierres du chemin, debout, levée en masse! France! qu'est-ce que c'est que cette guerre-là ? Nous refusons Mandrin, Dieu nous doit Attila. Toujours, quand il lui plaît d'abattre un grand empire, Un noble peuple, en qui le genre humain respire, Rome ou Thèbes, le sort respectueux se sert De quelque monstre auguste et fauve du désert. Pourquoi donc cet affront ? c'est trop. Tu t'y résignes, Toi, France ? non, jamais. Certes, nous étions dignes D'être dévorés, peuple, et nous sommes mangés! C'est trop de s'être dit: - Nous serons égorgés Comme Athène et Memphis, comme Troie et Solime, Grandement, dans l'éclair d'une lutte sublime! - Et de se sentir mordre, en bas, obscurément, Dans l'ombre, et d'être en proie à ce fourmillement, Les pillages, les vols, les pestes, les famines! D'espérer les lions, et d'avoir les vermines!
II
Vision sombre! un peuple en assassine un autre.
Et la même origine, ô Saxons, est la nôtre! Et nous sommes sortis du même flanc profond! La Germanie avec la Gaule se confond
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