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Victor Hugo - L'Année terrible
Que la pudeur guerrière, et tous avaient au coeur Le désir d'être grand plus que d'être vainqueur. Vous, princes, vous semez, de Sedan à Versailles, Dans votre route obscure à travers les broussailles, Toutes sortes d'exploits louches et singuliers Dont se fût indignée au temps des chevaliers La magnanimité farouche de l'épée.
Rois, la guerre n'est pas digne de l'épopée Lorsqu'elle est espionne et traître, et qu'elle met Une cocarde au vol, à la fraude un plumet! Guillaume est empereur, Bismarck est trabucaire; Charlemagne à sa droite assoit Robert-Macaire; On livre aux mameloucks, aux pandours, aux strélitz, Aux reîtres, aux hulans, la France d'Austerlitz; On en fait son butin, sa proie et sa prébende. Où fut la grande armée on est l'énorme bande.
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Ivres, ils vont au gouffre obscur qui les attend. Ainsi l'ours, à vau-l'eau sur le glacier flottant, Ne sent pas sous lui fondre et crouler la banquise.
Soit, princes. Vautrez-vous sur la France conquise. De l'Alsace aux abois, de la Lorraine en sang, De Metz qu'on vous vendit, de Strasbourg frémissant Dont vous n'éteindrez pas la tragique auréole, Vous aurez ce qu'on a des femmes qu'on viole, La nudité, le lit, et la haine à jamais.
Oui, le corps souillé, froid, sinistre désormais, Quand on les prend de force en des étreintes viles, C'est tout ce qu'on obtient des vierges et des villes.
Moissonnez les vivants comme un champ de blé mûr, Cernez Paris, jetez la flamme à ce grand mur, Tuez à Châteaudun, tuez à Gravelotte, O rois, désespérez la mère qui sanglote, Poussez l'effrayant cri de l'ombre: Exterminons! Secouez vos drapeaux et roulez vos canons; A ce bruit triomphal il manque quelque chose. La porte de rayons dans les cieux reste close; Et sur la terre en deuil pas un laurier ne sent La sève lui venir de tous ces flots de sang. Là-haut au loin, le groupe altier des Renommées,
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