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Victor Hugo - L'Année terrible
Et l'Athénien semble un affront au Vandale. Paris, en même temps qu'on t'arnaque, on voudrait Donner au guet-apens le faux air d'un arrêt; Le cuistre aide le reître; ils font cette gageure, Déshonorer la ville héroïque; et l'injure Pleut, mêlée à l'obus, dans le bombardement; Ici le soudard tue et là le rhéteur ment; On te dénonce au nom des moeurs, au nom du culte; C'est afin de pouvoir t'égorger qu'on t'insulte, La calomnie ayant pour but l'assassinat. O ville, dont le peuple est grand comme un sénat, Combats, tire l'épée, ô cité de lumière Qui fondes l'atelier, qui défends la chaumière, Va, laisse, ô fier chef-lieu des hommes tous égaux, Hurler autour de toi l'affreux tas des bigots, Noirs sauveurs de l'autel et du trône, hypocrites Par qui dans tous les temps les clartés sont proscrites, Qui gardent tous les dieux contre tous les esprits, Et dont nous entendons dans l'histoire les cris, A Rome, à Thèbe, à Delphe, à Memphis, à Mycènes, Pareils aux aboiements lointains des chiens obscènes.
III
A TOUS CES PRINCES
Rois teutons, vous avez mal copié vos pères. Ils se précipitaient hors de leurs grands repaires, Le glaive au poing, tâchant d'avoir ceci pour eux D'être les plus vaillants et non les plus nombreux. Vous, vous faites la guerre autrement.
On se glisse Sans bruit, dans l'ombre, avec le hasard pour complice, Jusque dans le pays d'à côté, doucement, Un peu comme un larron, presque comme un amant; Baissant la voix, courbant le front, cachant sa lampe, On se fait invisible au fond des bois, on rampe; Puis brusquement, criant vivat, hourrah, haro, On tire un million de sabres du fourreau, On se rue, et l'on frappe et d'estoc et de taille Sur le voisin, lequel a, dans cette bataille, Rien pour armée avec zéro pour général. Vos aïeux, que Luther berçait de son choral, N'eussent point accepté de vaincre de la sorte; Car la soif conquérante était en eux moins forte
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