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Victor Hugo - L'Année terrible
Et tous ces chefs de guerre, Héristal, Charlemagne, Charles-Martel, Turenne, effroi de l'Allemagne, Condé, Villars, fameux par un si fier succès, Cet Achille, Kléber, ce Scipion, Desaix, Napoléon, plus grand que César et Pompée, Par la main d'un bandit rendirent leur épée.
SEPTEMBRE
I
CHOIX ENTRE LES DEUX NATIONS
A L'ALLEMAGNE
Aucune nation n'est plus grande que toi; Jadis, toute la terre étant un lieu d'effroi, Parmi les peuples forts tu fus le peuple juste. Une tiare d'ombre est sur ton front auguste; Et pourtant comme l'Inde, aux aspects fabuleux, Tu brilles; ô pays des hommes aux yeux bleus, Clarté hautaine au fond ténébreux de l'Europe, Une gloire âpre, informe, immense, t'enveloppe; Ton phare est allumé sur le mont des Géants; Comme l'aigle de mer qui change d'océans, Tu passas tour à tour d'une grandeur à l'autre; Huss le sage a suivi Crescentius l'apôtre; Barberousse chez toi n'empêche pas Schiller; L'empereur, ce sommet, craint l'esprit, cet éclair. Non, rien ici-bas, rien ne t'éclipse, Allemagne. Ton Vitikind tient tête à notre Charlemagne, Et Charlemagne même est un peu ton soldat. Il semblait par moments qu'un astre te guidât; Et les peuples t'ont vue, ô guerrière féconde, Rebelle au double joug qui pèse sur le monde, Dresser, portant l'aurore entre tes poings de fer, Contre César Hermann, contre Pierre Luther. Longtemps, comme le chêne offrant ses bras au lierre, Du vieux droit des vaincus tu fus la chevalière; Comme on mêle l'argent et le plomb dans l'airain, Tu sus fondre en un peuple unique et souverain Vingt peuplades, le Hun, le Dace, le Sicambre; Le Rhin te donne l'or et la Baltique l'ambre; La musique est ton souffle; âme, harmonie, encens, Elle fait alterner dans tes hymnes puissants
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