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Victor Hugo - L'Année terrible
Aujourd'hui ce qui doit n'être vu que demain. Demain semble infernal tant il est surhumain. Ce qui n'est pas encor germe en d'obscurs repaires; Demain qui charmera les fils, fait peur aux pères, L'azur est sous la nuit dont nous nous effrayons, Et cet oeuf ténébreux est rempli de rayons. Cette larve lugubre aura plus tard des ailes. Spectre visible au fond des ombres éternelles, Demain dans Aujourd'hui semble un embryon noir, Rampant en attendant qu'il plane, étrange à voir, Informe, aveugle, affreux; plus tard l'aube le change. L'avenir est un monstre avant d'être un archange.
XVII
Il y avait dans les esprits une véritable exagération de la valeur, des facultés, de l'importance de la garde nationale... Mon Dieu, vous avez vu le képi de M. Victor Hugo qui symbolisait cette situation. (Le Général Trochu à l'Assemblée Nationale, - 14 juin 1871.)
Participe passé du verbe Tropchoir, homme De toutes les vertus sans nombre dont la somme Est zéro, soldat brave, honnête, pieux, nul, Bon canon, mais ayant un peu trop de recul, Preux et chrétien, tenant cette double promesse, Capable de servir ton pays et la messe, Vois, je te rends justice; eh bien, que me veux-tu ? Tu fais sur moi, d'un style obtus, quoique pointu, Un retour offensif qu'eût mérité la Prusse. Dans ce siège allemand et dans cet hiver russe, Je n'étais, j'en conviens, qu'un vieillard désarmé, Heureux d'être en Paris avec tous enfermé, Profitant quelquefois d'une nuit de mitraille Et d'ombre, pour monter sur la grande muraille, Pouvant dire Présent, mais non pas Combattant, Bon à rien; je n'ai pas capitulé pourtant. Tes lauriers dans ta main se changent en orties. Quoi donc, c'est contre moi que tu fais des sorties! Nous t'en trouvions avare en ce siège mauvais. Eh bien, nous avions tort; tu me les réservais. Toi qui n'as point franchi la Marne et sa presqu'île, Tu m'attaques. Pourquoi ? je te laissais tranquille. D'où vient que ma coiffure en drap bleu te déplaît ? Qu'est-ce que mon képi fait à ton chapelet ?
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