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Victor Hugo - L'Âne
Des pois, tous les parfums que le printemps préfère, Où ce que la sagesse aurait de mieux à faire Serait de se vautrer les quatre fers en l'air. Or, étant libre enfin, et ne voyant, mon cher, Ici, pas d'autre ânier que toi le philosophe, Pouvant finir mon chant de bête brute en strophe, Je m'en vais, comme Jean au désert s'en alla, Et je retourne heureux, rapide, et plantant là L'hypothèse béate et le calcul morose, Et les bibles en vers et les traités en prose, Locke et Job, les missels ainsi que les phédons, De l'idéal aux fleurs, du réel aux chardons.
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TRISTESSE DU PHILOSOPHE
Et l'âne disparut, et Kant resta lugubre.
- Oui! dit-il, la science est encore insalubre; L'esprit marche, baissant la tête et parlant bas; Et cette surdité de la bête n'est pas Si stupide en effet que d'abord elle semble. Puisqu'aux mains du savoir le flambeau sacré tremble, La protestation est juste. Jusqu'au jour Où la science aura pour but l'immense amour, Où partout l'homme, aidant la nature asservie, Fera de la lumière et fera de la vie, Où les peuples verront les puissants écrivains, Les songeurs, les penseurs, les poètes divins, Tous les saints instructeurs, toutes les fières âmes, Passer devant leurs yeux comme des vols de flammes; Où l'on verra, devant le grand, le pur, le beau, Fuir le dernier despote et le dernier fléau; Jusqu'au jour de vertu, de candeur, d'espérance, Où l'étude pourra s'appeler délivrance, Où les livres plus clairs refléteront les cieux, Où tout convergera vers ce point radieux: - L'esprit humain meilleur, l'âme humaine plus haute, La terre, éden sacré, digne d'Adam son hôte, L'homme marchant vers Dieu sans trouble et sans effroi, La douce liberté cherchant la douce loi, La fin des attentats, la fin des catastrophes. - Oui, jusqu'à ce jour-là, tant que les philosophes, Prêtres du beau, d'autant plus vils qu'ils sont plus grands,
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