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Théophile Gautier - Mademoiselle de Maupin

Apollon, qui, aussi stupides que le Cassandre des pantomimes, restent là à recevoir les coups de batte
d'Arlequin et les coups de pied au cul de Paillasse, sans bouger non plus que des idoles.

Ils ressemblent à un maître d'armes qui, dans un assaut, croiserait ses bras derrière son dos, et recevrait
dans sa poitrine découverte toutes les bottes de son adversaire, sans essayer une seule parade.

C'est comme un plaidoyer où le procureur du roi aurait seul la parole, ou comme un débat où la réplique
ne serait pas permise.

Le critique avance ceci et cela. Il tranche du grand et taille en plein drap. Absurde, détestable,
monstrueux: cela ne ressemble à rien, cela ressemble à tout. On donne un drame, le critique le va voir; il

se trouve qu'il ne répond en rien au drame qu'il avait forgé dans sa tête sur le titre; alors, dans son

feuilleton, il substitue son drame à lui au drame de l'auteur. Il fait de grandes tartines d'érudition; il se

débarrasse de toute la science qu'il a été se faire la veille dans quelque bibliothèque et traite de Turc à

More des gens chez qui il devrait aller à l'école, et dont le moindre en remontrerait à de plus forts que lui.

Les auteurs endurent cela avec une magnanimité, une longanimité qui me paraît vraiment inconcevable.
Quels sont donc, au bout du compte, ces critiques au ton si tranchant, à la parole si brève que l'on croirait

les vrais fils des dieux? ce sont tout bonnement des hommes avec qui nous avons été au collège, et à qui

évidemment leurs études ont moins profité qu'à nous, puisqu'ils n'ont produit aucun ouvrage et ne

peuvent faire autre chose que conchier et gâter ceux des autres comme de véritables stryges

stymphalides.

Ne serait-ce pas quelque chose à faire que la critique des critiques? car ces grands dégoûtés, qui font tant
les superbes et les difficiles, sont loin d'avoir l'infaillibilité de notre saint père. Il y aurait de quoi remplir

un journal quotidien et du plus grand format. Leurs bévues historiques ou autres, leurs citations

controuvées, leurs fautes de français, leurs plagiats, leur radotage, leurs plaisanteries rebattues et de

mauvais goût, leur pauvreté d'idées, leur manque d'intelligence et de tact, leur ignorance des choses les

plus simples qui leur fait volontiers prendre le Pirée pour un homme et M. Delaroche pour un peintre

fourniraient amplement aux auteurs de quoi prendre leur revanche, sans autre travail que de souligner les

passages au crayon et de les reproduire textuellement; car on ne reçoit pas avec le brevet de critique le

brevet de grand écrivain, et il ne suffit pas de reprocher aux autres des fautes de langage ou de goût pour

n'en point faire soi-même; nos critiques le prouvent tous les jours. - Que si Chateaubriand, Lamartine et

d'autres gens comme cela faisaient de la critique, je comprendrais qu'on se mît à genoux et qu'on adorât;

mais que MM. Z. K. Y. V. Q. X., ou telle autre lettre de l'alphabet entre A et W, fassent les petits

Quintiliens et vous gourmandent au nom de la morale et de la belle littérature, c'est ce qui me révolte

toujours et me fait entrer en des fureurs nonpareilles. Je voudrais qu'on fît une ordonnance de police qui

défendît à certains noms de se heurter à certains autres. Il est vrai qu'un chien peut regarder un évêque, et

que Saint-Pierre de Rome, tout géant qu'il soit, ne peut empêcher que ces Transtévérins ne le salissent par

en bas d'une étrange sorte; mais je n'en crois pas moins qu'il serait fou d'écrire au long de certaines

réputations monumentales:

DEFENSE DE DEPOSER DES ORDURES ICI.

Charles X avait seul bien compris la question. En ordonnant la suppression des journaux, il rendait un
grand service aux arts et à la civilisation. Les journaux sont des espèces de courtiers ou de maquignons

qui s'interposent entre les artistes et le public, entre le roi et le peuple. On sait les belles choses qui en

sont résultées. Ces aboiements perpétuels assourdissent l'inspiration, et jettent une telle méfiance dans les

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