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Pierre Corneille - Le Cid
DON DIÈGUE Rodrigue a pris haleine en vous la racontant.
DON FERNAND Du moins une heure ou deux je veux qu'il se délasse ; Mais de peur qu'en exemple un tel combat ne passe, Pour témoigner à tous qu'à regret je promets Un sanglant procédé qui ne me plut jamais, De moi ni de ma cour il n'aura la présence. (Il parle à Don Arias.) Vous seul des combattants jugerez la vaillance. Ayez soin que tous deux fassent en gens de coeur, Et, le combat fini, m'amenez le vainqueur. Qui qu'il soit, même prix est acquis à sa peine ; Je le veux de ma main présenter à Chimène, Et que pour récompense il reçoive sa foi.
CHIMÈNE Quoi ! sire, m'imposer une si dure loi !
DON FERNAND Tu t'en plains; mais ton feu, loin d'avouer ta plainte, Si Rodrigue est vainqueur, l'accepte sans contrainte. Cesse de murmurer contre un arrêt si doux ; Que que ce soit des deux, j'en ferai ton époux.
ACTE V SCÈNE PREMIÈRE - DON RODRIGUE, CHIMÈNE CHIMÈNE Quoi ! Rodrigue, en plein jour ! d'où te vient cette audace ? Va, tu me perds d'honneur ; retire-toi, de grâce.
DON RODRIGUE Je vais mourir, madame, et vous viens en ce lieu, Avant le coup mortel, dire un dernier adieu : Cet immuable amour qui sous vos lois m'engage N'ose accepter ma mort sans vous en faire hommage.
CHIMÈNE Tu vas mourir !
DON RODRIGUE Je cours à ces heureux moments Qui vont livrer ma vie à vos ressentiments.
CHIMÈNE
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