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Pierre Corneille - Le Cid
Sire, le comte est mort. Don Diègue, par son fils, a vengé son offense.
DON FERNAND Dès que j'ai vu l'affront, j'ai prévu la vengeance ; Et j'ai voulu dès lors prévenir ce malheur.
DON ALONSE Chimène à vos genoux apporte sa douleur ; Elle vient toute en pleurs vous demander justice.
DON FERNAND Bien qu'à ses déplaisirs mon âme compatisse, Ce que le comte a fait semble avoir mérité Ce châtiment digne de sa témérité. Quelque juste pourtant que puisse être sa peine, Je ne puis sans regret perdre un tel capitaine. Après un long service à mon État rendu, Après son sang pour moi mille fois répandu, À quelques sentiments que son orgueil m'oblige, Sa perte m'affaiblit, et son trépas m'afflige.
SCÈNE VIII - DON FERNAND, DON DIÈGUE, CHIMÈNE, DON SANCHE, DON ARIAS, DON ALONSE CHIMÈNE Sire, sire, justice !
DON DIÈGUE Ah ! sire, écoutez-nous.
CHIMÈNE Je me jette à vos pieds.
DON DIÈGUE J'embrasse vos genoux
CHIMÈNE Je demande justice.
DON DIÈGUE Entendez ma défense.
CHIMÈNE D'un jeune audacieux punissez l'insolence ; Il a de votre sceptre abattu le soutien, Il a tué mon père.
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