bibliotheq.net - littérature française
 

Pierre Corneille - L'Illusion comique

De votre liberté qu'ont produit leurs amours.

Le geôlier

En lieu de sûreté le babil est de mise ;
Mais ici ne songeons qu'à nous ôter de prise ;

ISABELLE

Sauvons-nous : mais avant, promettez-nous tous deux
Jusqu'au jour d'un hymen de modérer vos feux :

Autrement, nous rentrons.

CLINDOR

Que cela ne vous tienne :
Je vous donne ma foi.

Le geôlier

Lyse, reçois la mienne.

ISABELLE

Sur un gage si beau j'ose tout hasarder.

Le geôlier

Nous nous amusons trop, il est temps d'évader.

SCENE X.


ALCANDRE

Ne craignez plus pour eux ni périls ni disgrâces.
Beaucoup les poursuivront, mais sans trouver leurs traces.

PRIDAMANT

A la fin je respire.

ALCANDRE

Après un tel bonheur,
Deux ans les ont montés en haut degré d'honneur.

Je ne vous dirai point le cours de leurs voyages,

S'ils ont trouvé le calme, ou vaincu les orages,

Ni par quel art non plus ils se sont élevés :

Il suffit d'avoir vu comme ils se sont sauvés,

Et que, sans vous en faire une histoire importune,

Je vous les vais montrer en leur haute fortune.

Mais puisqu'il faut passer à des effets plus beaux,

Rentrons pour évoquer des fantômes nouveaux.

Ceux que vous avez vus représenter de suite

A vos yeux étonnés leur amour et leur fuite,

< page précédente | 50 | page suivante >

 
La plupart des textes et des images de ce site font partie du domaine public. Les droits d'auteur pour la présentation des matériaux
et le design du site appartiennent à bibliotheq.net. Toute suggestion et correction est la bienvenue.