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Pierre Corneille - L'Illusion comique
Quels encens puis-je offrir aux maîtres de mon sort, Dont l'arrêt me fait grâce, et m'envoie à la mort ?
Le geôlier
Il la faut recevoir avec meilleur visage.
CLINDOR
Fais ton office, ami, sans causer davantage.
Le geôlier
Une troupe d'archers là dehors vous attend ; Peut-être en les voyant serez-vous plus content.
SCENE IX. ISABELLE
Lyse, nous l'allons voir.
LYSE
Que vous êtes ravie !
ISABELLE
Ne le serais-je point de recevoir la vie ? Son destin et le mien prennent un même cours, Et je mourrais du coup qui trancherait ses jours.
Le geôlier
Monsieur, connaissez-vous beaucoup d'archers semblables ?
CLINDOR
Ah ! Madame, est-ce vous ? Surprises adorables ! Trompeur trop obligeant, tu disais bien vraiment Que je mourrais de nuit, mais de contentement.
ISABELLE
Clindor !
Le geôlier
Ne perdons point le temps à ces caresses : Nous aurons tout loisir de flatter nos maîtresses.
CLINDOR
Quoi ! Lyse est donc la sienne ?
ISABELLE
Ecoutez le discours
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