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Pierre Corneille - L'Illusion comique
Puisque j'ose affronter cette humeur violente.
LYSE
J'en ai ri comme vous, mais non sans murmurer : C'est bien du temps perdu.
ISABELLE
Je vais le réparer.
LYSE
Voici le conducteur de notre intelligence ; Sachez auparavant toute sa diligence.
SCENE VI. ISABELLE
Eh bien ! mon grand ami, braverons-nous le sort ? Et viens-tu m'apporter ou la vie ou la mort ? Ce n'est plus qu'en toi seul que mon espoir se fonde.
Le geôlier
Bannissez vos frayeurs : tout va le mieux du monde ; Il ne faut que partir, j'ai des chevaux tous prêts, Et vous pourrez bientôt vous moquer des arrêts.
ISABELLE
Je te dois regarder comme un dieu tutélaire, Et ne sais point pour toi d'assez digne salaire.
Le geôlier
Voici le prix unique où tout mon coeur prétend.
ISABELLE
Lyse, il faut te résoudre à le rendre content.
LYSE
Oui, mais tout son apprêt nous est fort inutile : Comment ouvrirons-nous les portes de la ville ?
Le geôlier
On nous tient des chevaux en main sûre aux faubourgs ; Et je sais un vieux mur qui tombe tous les jours : Nous pourrons aisément sortir par ses ruines.
ISABELLE
Ah ! que je me trouvais sur d'étranges épines !
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