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Pierre Corneille - L'Illusion comique
Que j'ai bien reconnu qu'un peu de jalousie Touchant votre Clindor brouillait sa fantaisie, Et que tous ces détours provenaient seulement D'une vaine frayeur qu'il ne fût mon amant. Il est parti soudain après votre amour sue, A trouvé tout aisé, m'en a promis l'issue, Et vous mande par moi qu'environ à minuit Vous soyez toute prête à déloger sans bruit.
ISABELLE
Que tu me rends heureuse !
LYSE
Ajoutez-y, de grâce, Qu'accepter un mari pour qui je suis de glace, C'est me sacrifier à vos contentements.
ISABELLE
Aussi...
LYSE
Je ne veux point de vos remerciements. Allez ployer bagage, et pour grossir la somme, Joignez à vos bijoux les écus du bonhomme. Je vous vends ses trésors, mais à fort bon marché ; J'ai dérobé ses clefs depuis qu'il est couché : Je vous les livre.
ISABELLE
Allons y travailler ensemble.
LYSE
Passez-vous de mon aide.
ISABELLE
Eh quoi ! Le coeur te tremble ?
LYSE
Non, mais c'est un secret tout propre à l'éveiller : Nous ne nous garderions jamais de babiller.
ISABELLE
Folle, tu ris toujours.
LYSE
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