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Pierre Corneille - L'Illusion comique
Jugez après cela comme quoi je vous aime.
ISABELLE
Eh ! De grâce, où faut-il que je l'aille trouver ?
LYSE
Je n'ai que commencé : c'est à vous d'achever.
ISABELLE
Ah ! Lyse !
LYSE
Tout de bon, seriez-vous pour le suivre ?
ISABELLE
Si je suivrais celui sans qui je ne puis vivre ? Lyse, si ton esprit ne le tire des fers, Je l'accompagnerai jusque dans les enfers. Va, ne demande plus si je suivrais sa fuite.
LYSE
Puisqu'à ce beau dessein l'amour vous a réduite, Ecoutez où j'en suis, et secondez mes coups : Si votre amant n'échappe, il ne tiendra qu'à vous. La prison est tout proche.
ISABELLE
Eh bien ?
LYSE
Ce voisinage Au frère du concierge a fait voir mon visage ; Et comme c'est tout un que me voir et m'aimer, Le pauvre malheureux s'en est laissé charmer.
ISABELLE
Je n'en avais rien su !
LYSE
J'en avais tant de honte Que je mourais de peur qu'on vous en fît le conte ; Mais depuis quatre jours votre amant arrêté A fait que l'allant voir je l'ai mieux écouté. Des yeux et du discours flattant son espérance, D'un mutuel amour j'ai formé l'apparence.
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