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Pierre Corneille - L'Illusion comique
GERONTE
C'en est fait, emportez ce corps à la maison ; Et vous, conduisez tôt ce traître à la prison.
SCENE XII.
PRIDAMANT
Hélas ! Mon fils est mort.
ALCANDRE
Que vous avez d'alarmes !
PRIDAMANT
Ne lui refusez point le secours de vos charmes.
ALCANDRE
Un peu de patience, et sans un tel secours Vous le verrez bientôt heureux en ses amours.
ACTE IV
SCENE PREMIERE. ISABELLE
Enfin le terme approche : un jugement inique Doit abuser demain d'un pouvoir tyrannique, A son propre assassin immoler mon amant, Et faire une vengeance au lieu d'un châtiment. Par un décret injuste autant comme sévère, Demain doit triompher la haine de mon père, La faveur du pays, la qualité du mort, Le malheur d'Isabelle, et la rigueur du sort. Hélas ! que d'ennemis, et de quelle puissance, Contre le faible appui que donne l'innocence, Contre un pauvre inconnu, de qui tout le forfait Est de m'avoir aimée, et d'être trop parfait ! Oui, Clindor, tes vertus et ton feu légitime, T'ayant acquis mon coeur, ont fait aussi ton crime. Mais en vain après toi l'on me laisse le jour ; Je veux perdre la vie en perdant mon amour : Prononçant ton arrêt, c'est de moi qu'on dispose ; Je veux suivre ta mort, puisque j'en suis la cause, Et le même moment verra par deux trépas
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