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Pierre Corneille - L'Illusion comique
Telle est l'humeur du sexe : il aime à contredire, Rejette obstinément le joug de notre empire, Ne suit que son caprice en ses affections, Et n'est jamais d'accord de nos élections. N'espère pas pourtant, aveugle et sans cervelle, Que ma prudence cède à ton esprit rebelle. Mais ce fou viendra-t-il toujours m'embarrasser ? Par force ou par adresse il me le faut chasser.
SCENE III. MATAMORE
Ne doit-on pas avoir pitié de ma fortune ? Le grand vizir encor de nouveau m'importune ; Le Tartare, d'ailleurs, m'appelle à son secours ; Narsingue et Calicut m'en pressent tous les jours : Si je ne les refuse, il me faut mettre en quatre.
CLINDOR
Pour moi, je suis d'avis que vous les laissiez battre : Vous emploieriez trop mal vos invincibles coups, Si pour en servir un vous faisiez trois jaloux.
MATAMORE
Tu dis bien : c'est assez de telles courtoisies ; Je ne veux qu'en amour donner des jalousies. Ah ! Monsieur, excusez, si, faute de vous voir, Bien que si près de vous, je manquais au devoir. Mais quelle émotion paraît sur ce visage ? Où sont vos ennemis, que j'en fasse carnage ?
GERONTE
Monsieur, grâces aux dieux, je n'ai point d'ennemis.
MATAMORE
Mais grâces à ce bras qui vous les a soumis.
GERONTE
C'est une grâce encor que j'avais ignorée.
MATAMORE
Depuis que ma faveur pour vous s'est déclarée, Ils sont tous morts de peur, ou n'ont osé branler.
GERONTE
C'est ailleurs maintenant qu'il vous faut signaler :
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