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Pierre Corneille - L'Illusion comique
ADRASTE
Je viens tout maintenant d'en tirer assurance De recevoir les fruits de ma persévérance, Et devant qu'il soit peu nous en verrons l'effet ; Mais, écoute, il me faut obliger tout à fait.
LYSE
Où je vous puis servir j'ose tout entreprendre.
ADRASTE
Peux-tu dans leurs amours me les faire surprendre ?
LYSE
Il n'est rien plus aisé : peut-être dès ce soir.
ADRASTE
Adieu donc. Souviens-toi de me les faire voir. Cependant prends ceci seulement par avance.
LYSE
Que le galant alors soit frotté d'importance !
ADRASTE
Crois-moi qu'il se verra, pour te mieux contenter, Chargé d'autant de bois qu'il en pourra porter.
SCENE IX. LYSE
L'arrogant croit déjà tenir ville gagnée ; Mais il sera puni de m'avoir dédaignée. Parce qu'il est aimable, il fait le petit dieu, Et ne veut s'adresser qu'aux filles de bon lieu. Je ne mérite pas l'honneur de ses caresses : Vraiment c'est pour son nez, il lui faut des maîtresses ; Je ne suis que servante : et qu'est-il que valet ? Si son visage est beau, le mien n'est pas trop laid : Il se dit riche et noble, et cela me fait rire ; Si loin de son pays, qui n'en peut autant dire ? Qu'il le soit : nous verrons ce soir, si je le tiens, Danser sous le cotret sa noblesse et ses biens.
SCENE X. ALCANDRE
Le coeur vous bat un peu.
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