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Pierre Corneille - L'Illusion comique
Mais purgez-moi l'esprit de ce petit souci, Et si vous vous aimez, bannissez-vous d'ici ; Car si je vous vois plus regarder cette porte, Je sais comme traiter les gens de votre sorte.
CLINDOR
Me prenez-vous pour homme à nuire à votre feu ?
ADRASTE
Sans réplique, de grâce, ou nous verrons beau jeu. Allez : c'est assez dit.
CLINDOR
Pour un léger ombrage, C'est trop indignement traiter un bon courage. Si le ciel en naissant ne m'a fait grand seigneur, Il m'a fait le coeur ferme et sensible à l'honneur ; Et je pourrais bien rendre un jour ce qu'on me prête.
ADRASTE
Quoi ! Vous me menacez !
CLINDOR
Non, non, je fais retraite. D'un si cruel affront vous aurez peu de fruit ; Mais ce n'est pas ici qu'il faut faire du bruit.
SCENE VIII. ADRASTE. Ce bélâtre insolent me fait encor bravade.
LYSE
A ce compte, monsieur, votre esprit est malade ?
ADRASTE
Malade, mon esprit !
LYSE
Oui, puisqu'il est jaloux Du malheureux agent de ce prince des fous.
ADRASTE
Je sais ce que je suis et ce qu'est Isabelle, Et crains peu qu'un valet me supplante auprès d'elle. Je ne puis toutefois souffrir sans quelque ennui Le plaisir qu'elle prend à causer avec lui.
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