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Pierre Corneille - L'Illusion comique
Fais qu'un si long mépris enfin la désabuse.
CLINDOR
Voyez ce que pour vous ce grand guerrier refuse.
ISABELLE
Je n'en puis plus douter.
CLINDOR
Il vous le disait bien.
MATAMORE
Elle m'a beau prier : non, je n'en ferai rien. Et quoi qu'un fol espoir ose encor lui promettre, Je lui vais envoyer sa mort dans une lettre. Trouvez-le bon, ma reine, et souffrez cependant Une heure d'entretien de ce cher confident, Qui, comme de ma vie il sait toute l'histoire, Vous fera voir sur qui vous avez la victoire.
ISABELLE
Tardez encore moins, et par ce prompt retour Je jugerai quelle est envers moi votre amour.
SCENE VI. CLINDOR
Jugez plutôt par là l'humeur du personnage : Ce page n'est chez lui que pour ce badinage, Et venir d'heure en heure avertir sa grandeur D'un courrier, d'un agent, ou d'un ambassadeur.
ISABELLE
Ce message me plaît bien plus qu'il ne lui semble : Il me défait d'un fou pour nous laisser ensemble.
CLINDOR
Ce discours favorable enhardira mes feux A bien user d'un temps si propice à mes voeux.
ISABELLE
Que m'allez-vous conter ?
CLINDOR
Que j'adore Isabelle, Que je n'ai plus de coeur ni d'âme que pour elle,
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