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Pierre Corneille - L'Illusion comique
ISABELLE
Certes j'en ai beaucoup, et vous plains d'autant plus Que je vois ces tourments tout à fait superflus, Et n'avoir pour tout fruit d'une longue souffrance Que l'incommode honneur d'une triste constance.
ADRASTE
Un père l'autorise, et mon feu maltraité Enfin aura recours à son autorité.
ISABELLE
Ce n'est pas le moyen de trouver votre conte ; Et d'un si beau dessein vous n'aurez que la honte.
ADRASTE
J'espère voir pourtant, avant la fin du jour, Ce que peut son vouloir au défaut de l'amour.
ISABELLE
Et moi, j'espère voir, avant que le jour passe, Un amant accablé de nouvelle disgrâce.
ADRASTE
Eh quoi ! Cette rigueur ne cessera jamais ?
ISABELLE
Allez trouver mon père, et me laissez en paix.
ADRASTE
Votre âme, au repentir de sa froideur passée, Ne la veut point quitter sans être un peu forcée : J'y vais tout de ce pas, mais avec des serments Que c'est pour obéir à vos commandements.
ISABELLE
Allez continuer une vaine poursuite.
SCENE IV. MATAMORE
Eh bien ! Dès qu'il m'a vu, comme a-t-il pris la fuite ? M'a-t-il bien su quitter la place au même instant ?
ISABELLE
Ce n'est pas honte à lui, les rois en font autant, Du moins si ce grand bruit qui court de vos merveilles
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