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Pierre Corneille - Cinna
ÉMILIE Hélas ! cours après lui, Fulvie, Et si ton amitié daigne me secourir, Arrache-lui du coeur ce dessein de mourir ; Dis-lui ...
FULVIE Qu'en sa faveur vous laissez vivre Auguste ?
ÉMILIE Ah ! c'est faire à ma haine une loi trop injuste.
FULVIE Et quoi donc ?
ÉMILIE Qu'il achève, et dégage sa foi, Et qu'il choisisse après de la mort ou de moi.
ACTE IV
SCÈNE PREMIÈRE - AUGUSTE, EUPHORBE, POLYCLÈTE, GARDES AUGUSTE Tout ce que tu me dis, Euphorbe, est incroyable.
EUPHORBE Seigneur, le récit même en paraît effroyable : On ne conçoit qu'à peine une telle fureur, Et la seule pensée en fait frémir d'horreur.
AUGUSTE Quoi ! mes plus chers amis ! quoi ! Cinna ! quoi ! Maxime ! Les deux que j'honorais d'une si haute estime, À qui j'ouvrais mon coeur, et dont j'avais fait choix Pour les plus importants et plus nobles emplois ! Après qu'entre leurs mains j'ai remis mon empire, Pour m'arracher le jour l'un et l'autre conspire ! Maxime a vu sa faute, il m'en fait avertir, Et montre un coeur touché d'un juste repentir ; Mais Cinna !
EUPHORBE Cinna seul dans sa rage s'obstine, Et contre vos bontés d'autant plus se mutine ; Lui seul combat encor les vertueux efforts Que sur les conjurés fait ce juste remords, Et malgré les frayeurs à leurs regrets mêlées,
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