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Paul Ginisty - Anthologie du Journalisme
exerce, L.-F. Bertin; Lamennais, Lacordaire, Montalembert, dans la presse religieuse animée d'un nouveau souffle; Sainte-Beuve, Planche, Jules Janin, Théophile Gautier, Fiorentino, Ed. Thierry, Léon Gozlan, Delécluze, Thoré, Champfleury, dans la critique littéraire, théâtrale, artistique; Mmede Girardin, Méry, Gérard de Nerval, Louis Reybaud, Th. de Banville, Alphonse Karr, Paul de Musset, Briffaut, Roqueplan, Caraguel, Roger de Beauvoir, Jules Leconte, Albéric Second, Altaroche, Ed. Ourliac, etc., dans la chronique; Louis Veuillot, Granier de Cassagnac, parmi les journalistes alors ondoyants. Émile de Girardin, Dutacq, Louis Desnoyers, innovaient; le Dr Véron, au Constitutionnel, appelait la littérature à l'aide de la politique pour rajeunir le vieux journal. Parmi les débutants, Charles Monselet, Auguste Villemot, J.Lecomte, L.Ulbach.
C'est aussi l'époque où les Revues prennent leur développement: la Revue des Deux Mondes, passant en 1831 sous la direction du volontaire et tenace Buloz, qui acquérait aussi la Revue de Paris; - l'Artiste, publication à laquelle Arsène Houssaye donnait ses heures d'éclat; - la Revue britannique, traduisant les articles des revues étrangères, dirigée par Amédée Pichot; - la Revue indépendante de Pierre Leroux; - la Revue rétrospective de Taschereau, etc.
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SAINT-MARC GIRARDIN (1801-1873)
Le 29juillet 1830, le Journal des Débats, en tête de ses colonnes, célébrait la révolution qui venait de s'accomplir, et il flétrissait énergiquement les hommes qui avaient provoqué la chute des Bourbons: «L'imagination, disait-il reste confondue au spectacle de tant de crimes médités, ordonnés, exécutés. Nos libertés tombant sous le coup d'ordonnances illégales, nos concitoyens sous le feu dos canons et de la mousqueterie, ou jetés en proie à toutes les violences du gouvernement militaire; plus de justice, plus de lois, plus de magistrats! La force contre les lois, la force contre les citoyens!... Et cette force brutale, comme elle a été brisée par la colère de la capitale! Comme tous ces bataillons, tous ces mousquets, tous ces canons se sont trouvés faibles devant l'héroïque fermeté des Parisiens! Partout, la force militaire a été vaincue par la force civile.»
Mais on se souvient, dans les Iambes d'Auguste Barbier, du poème intitulé la Curée, raillant les profiteurs de la révolution de Juillet, qui avaient succédé aux combattants enthousiastes. Le 16août, Saint-Mare Girardin alors jeune et ardent, développait le même thème en une prose vigoureuse. Il faisait le procès des solliciteurs de places, de tous ceux qui, sans avoir contribué à l'élever demandaient des faveurs au pouvoir nouveau.
Saint-Marc Girardin, professeur à la Sorbonne, député sous la monarchie de Juillet, donna au Journal des Débats une longue collaboration. Il rentra dans la vie politique en 1871 L'âge et la vie avaient fort modifié le libéral de 1830.
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LA CURÉE
Il y a quinze Jours, c'étaient les heures de l'insurrection populaire, heures de courage et d'enthousiasme, heures de vertus et de dévouement. Aujourd'hui, c'est une tout autre insurrection: c'est l'insurrection des solliciteurs; c'est la levée en masse de tous les chercheurs de place. Ils courent aux antichambres avec la même ardeur que le peuple courait au feu.
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