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Paul Ginisty - Anthologie du Journalisme
- Quelques jeunes seigneurs, légèrement pris de vin, eurent hier une rencontre avec des hommes du port qu'ils maltraitèrent. Justice sera faite des manants du port.
- L'architecte de la cour est chargé de présenter un plan pour la reconstruction de la Bastille. Les prisonniers d'Etat ont été provisoirement déposés ce matin à la Force.
- M.Franchet a fait présenter dans la journée d'hier un rapport sur le rétablissement des lettres de cachet.
- Il n'est plus question de la continuation du Louvre. Des fonds viennent d'être faits par le ministère de l'intérieur pour établir des oubliettes dans tous les châteaux seigneuriaux des provinces de France.
- M.Récamier vient d'examiner un possédé dans la grande salle de l'Hôtel-Dieu. Le savant docteur avait pris le soin de se présenter, avant la consultation, au tribunal de la pénitence.
- On parle du rétablissement de l'hommage-lige et des leudes. M.Quatrebarbe a déposé un projet.
- Une ordonnance porte le rétablissement de trois couvents de capucins. Les capucins de Paris auront pour prieur M.le maréchal Soult, qui est entré en religion, et qui prendra le nom de frère Basile (1).
[ (1) On avait vu le maréchal Soult suivre une procession, un cierge à la main.]
- Tous les contribuables de France ont fait écrire sur leurs portes: Crédit est mort, les mauvais payeurs l'ont tué.
( Figaro, 9avril 1829.
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L.-M. FONTAN
(1801-1839)
Le nom de Fontan doit se trouver ici, parce qu'il évoque la plus rude des condamnations de presse de la Restauration. Fontan, auteur dramatique et journaliste publiait, le 29juin 1829, dans l'Album, un article intitulé le Mouton enragé, ironique portrait de Charles X.En raison des passions de l'époque, l'article fit grand bruit, et les amis de Fontan, inquiets des suites de cette témérité, lui conseillèrent de se dérober à une arrestation préventive. Il partit, en effet, emportant avec lui un chat dont il ne voulait pas se séparer. On aura peine à croire, aujourd'hui, que l'hospitalité lui fut refusée dans les Pays-Bas et ensuite en Prusse. Il revint à Paris, et il fut condamné à cinq ans de prison, cinq ans de surveillance et dix mille francs d'amende. De Sainte-Pélagie, il fut conduit à la prison de Poissy, confondu avec les voleurs, obligé de porter l'uniforme d'infamie. La révolution de 1830 le rendit à la liberté. Un drame de lui, Jeanne la Folle, fut joué dès le mois d'août.
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LE MOUTON ENRAGÉ
Figurez-vous un joli mouton blanc, frisé, lavé chaque matin, les yeux à fleur de tête, les oreilles longues, la jambe en forme de fuseau, la ganache (autrement dit la lèvre inférieure) lourde et pendante, enfin, un vrai mouton du Berri. Il marche à la tête du troupeau, il en est presque le monarque; un pré immense sert de pâturage à lui et aux siens. Sur le nombre d'arpents que ce pré contient, une certaine quantité lui est dévolue de plein droit. C'est là que pousse l'herbe la plus tendre: aussi devient-il gras, c'est un plaisir! Ce
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