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Paul Ginisty - Anthologie du Journalisme

- Le meilleur fondement de l'égalité, aujourd'hui c'est qu'il n'est personne qui ne soit apte à recevoir de
l'argent.

- Les constitutions ne créent pas, mais elles arrangent ce qui est créé.

- L'Angleterre n'a pas de constitution écrite, et c'est le seul pays qui soit constitué.

- Je ne suis pas de l'avis de Montesquieu donnant la vertu pour base aux républiques, et l'honneur aux
monarchies: je crois que l'ambition est fondamentale dans les républiques, et la vanité dans les

monarchies.

- L'ordre, comme le bon sens, est une qualité qui s'applique à tout.

- La politique n'est que la conciliation des intérêts: lorsqu'elle veut concilier des opinions, elle s'égare.

- On se lasse d'avoir raison comme de toutes choses.

- On peut comparer la France à un clavier musical: en posant le doigt sur telle touche, on sait le son
qu'elle doit rendre. De même, quiconque a vécu au milieu de nos longs troubles civils et a réfléchi, n'a

pas besoin d'interroger les hommes pour savoir le parti qu'ils prendront dans telle on telle circonstance. Il

suffit d'amener la circonstance, les témoins répondront.

- L'opinion publique est celle qui se tait.

- Il n'y a plus de ridicule quand il n'y a plus de moeurs fixées: le ridicule serait aujourd'hui un moyen de
succès s'il aidait un homme à sortir de la foule.

- Les peuples vont non parce qu'on les gouverne, mais malgré qu'on les gouverne.

- Heureux ceux qui n'ont pas fermé les yeux sur les événements pour ne les ouvrir que sur les livres!

- On peut dire des peuples qui sont entrés dans la carrière des révolutions, qu'après s'être fatigués d'idées
et d'espérances, ils retombent lourdement sous le joug de leurs besoins.

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LE PREMIER EMPIRE

Où est le temps où l'on saluait la liberté de la presse! Après avoir été proclamée, que d'épreuves elle a
subies! Combien de fois les partis ont-ils fait taire leurs adversaires, - en les supprimant! - Après les

proscriptions du Directoire, c'est l'arrêté du premier consul (27 nivôse anVIII) qui «considérant qu'une

partie des journaux qui s'impriment sont des instruments dans les mains des ennemis de la République»,

fait disparaître à la fois cinquante-neuf feuilles publiques. C'est le commencement de la période où la

presse, asservie, ne pourra plus prétendre à exercer sur l'opinion une autre action que celle que lui

indiquera le Pouvoir. Des derniers restes d'indépendance lui seront peu à peu enlevés. Avec l'Empire, une

sévère censure imposera silence non seulement à toute opposition, mais à toute velléité de réflexions.

L'arbitraire ira jusqu'à disposer de la propriété des journaux, dont le rôle ne consistera plus qu'à obéir au

maître tout puissant et à l'encenser. La direction de la Librairie veillera jalousement sur toutes les

manifestations de la pensée. L'histoire même sera abolie, ou à peu près, avant Napoléon. «Il faut, écrit un

des censeurs, d'autres notions historiques aux générations qui s'élèvent, et les souvenirs du passé doivent

céder à l'éclat du présent.» On interdit une étude sur les généraux de la Révolution: «Elle tendrait à faire

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