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Paul Ginisty - Anthologie du Journalisme
Dumouriez, ou commis par Beurnonville pour marcher à la Vendée, sur leur caractère connu, leurs rapports avec des généraux et des ministres déclarés conspirateurs, elle les avait mis hors de portée de trahir la patrie, et de mettre la chose publique an danger. Du moins ces traîtres devraient-ils être aujourd'hui livrés au glaive des vengeances nationales: mais la Convention s'arrête, dans des matières d'État, à de vaines formes juridiques; elle écoute le plaidoyer du procureur de village Chabot, et se contente de mander à sa barre un scélérat qu'elle aurait dû mettre hors de la loi, cet infâme Westermann, l'agent de Dumouriez, qui aurait dû expier sur l'échafaud ses forfaits de la Belgique, qui a malheureusement trouvé des protecteurs dans quelques compagnons de débauche qui siégeaient au comité de salut public, et qui peut-être encore trouvera des apologistes au sein de la Convention.
Mais ce n'est peut-être pas là encore la fin de nos désastres: le défaut de vues et d'énergie des représentants du peuple ne leur permet pas de prendre de grandes mesures: ils ne jugent qu'en juristes des chefs malversateurs dénoncés, et il faudrait les juger en politiques d'après leurs liaisons, leurs sentiments et leurs actions connues; mieux vaut cent fois n'avoir point de chefs d'armée que d'en avoir de traîtres: c'est cette vérité dont je voudrais voir pénétré le comité de salut public, avant que Custine, Biron et Bertier aient mis le comble à leur perfidie.
Je n'ai plus que quelques mots à ajouter, qui feront juger de l'aveugle confiance et du manque de lumières du comité de salut public, depuis la formation des légions et des compagnies franches, levées par des intrigants plus que suspects pour opérer la contre- révolution; je n'ai cessé de dénoncer celle de l'école militaire, de Rosenthal, des braconniers, des chasseurs du Midi, de la Germanique, et je ne suis parvenu à purger que la première des mauvais sujets, des escrocs, des échappés de galère, des ex-gardes du corps et autres contre-révolutionnaires notés. Pour les empêcher d'entrer dans un nouveau corps, j'avais proposé dans le temps, comme une mesure indispensable de prudence, de leur couper les oreilles, ou plutôt les pouces des mains. On a repoussé cette mesure en criant à la barbarie, et on a mieux aimé laisser à ces scélérats les armes à la main, les envoyer même contre les révoltés de la Vendée, pour mettre le désordre dans nos armées, les inviter par là à passer du côté de l'ennemi, et de revenir sur les patriotes pour les égorger. Ce que j'avais très bien présagé, et ce qu'ils n'ont pas manqué de faire.
On vient de m'assurer que la plupart des légions germaniques et de Rosenthal sont avec les révoltés de la Vendée: malheur qu'aurait pu prévenir le comité de salut public, qui ne pouvait ignorer l'infâme composition de ces corps ni leur conduite incivique.
Si du moins nous étions plus sages à l'avenir! Si nous pouvions nous instruire à l'école de l'adversité! Mais les endormeurs de la Convention ne cesseront de prêcher la sécurité et la patience qu'ils n'aient achevé de perdre la chose publique. Ce n'est pas ma faute: mon désespoir est d'être toujours le Cassandre de la Révolution.
( Le Publiciste de la République française n°240, 12juillet 1793.)
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HÉBERT (1757-1794)
La publication du Père Duchesne commença en septembre1790. Elle fut interrompue par deus fois, durant les deux premières arrestations d'Hébert. La collection comporte trois cent cinquante-cinq numéros. Le dernier est du 23 ventôse an II. - Le «Père Duchesne» était un type populaire consacré, entremêlant de jurons incessants son langage grivois. Il avait été mis au théâtre dans une pièce représentée chez Nicolet. En 1789, le théâtre de la Foire s'emparait de lui. La même année, on le mariait,
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