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Paul Ginisty - Anthologie du Journalisme

- Le crédit est la seule aumône qu'on puisse faire à un homme d'Etat

- La postérité aura peine à croire tout ce qu'a fait le gouvernement et tout ce qu'il n'a pas fait. Il y a eu
comme un concert de bêtises dans le conseil

- Quand les peuples cessent d'estimer, ils cessent d'obéir.

- Règle générale: les nations que les rois assemblent et consultent commencent par des voeux et finissent
par des volontés.

- Quand M.de Calonne assembla les Notables il découvrit aux yeux du peuple ce qu'il ne faut jamais leur
révéler: le défaut de lumières plus encore que le défaut d'argent.

- Les maximes actuelles ne tendent qu'à détruire. Elles ont déjà ruiné les riches sans enrichir les pauvres,
et, au lieu de l'égalité des biens, nous n'avons encore que l'égalité des misères et des maux.

- Ceux qui exécutent une révolution et ceux mêmes qui en sont les simples témoins voudraient qu'on
partageât leur effervescence et qu'on justifiât des excès; mais nous avons cru devoir écrire ce qui se passe

sous nos yeux comme voudra le lire la génération suivante.

- Dans les rois, la bonté ne convient qu'à la puissance. Un roi honnête homme et qui n'est que cela est un
pauvre homme de roi.

***

LES ACTES DES APOTRES

***

Mais, selon l'expression de Rivarol lui-même, «tous les grands coups ont été frappés». La Révolution ne
peut plus être endiguée. Alors, Rivarol abandonne le ton philosophique qu'il a gardé dans le Journal

politique national. La Révolution, il la combat avec d'autres armes avec des flèches acérées - et souvent

empoisonnées - par la raillerie, en cherchant à la ridiculiser. Et il est au premier rang des tirailleurs des

-Actes de, Apôtres-. «Les Actes de, Apôtres, a dit M.de Lescure, l'historien de Rivarol, c'est la

Révolution mise en vaudeville, la réaction en ponts-neufs. C'est l'entreprise insensée, courageuse, frivole,

puissante, banale, originale, insolente, stérile, de gens prêts à tout sacrifier à un bon mot. C'est une

Fronde contre-révolutionnaire, une carnavalade politique. C'est la parade de l'échafaud, jouée par des

suspects en belle humeur; c'est un pique-nique de médisances, une débauche de satire, une orgie de

personnalités. C'est Tacite avec des grelots, Montesquieu avec une marotte ou de Maistre brouillé avec

du Beaumarchais, du Voltaire mâtiné de Vadé. C'est la politique à coups de poing, la philosophie à coups

de sifflet. C'est une carmagnole de sans-culottes à talon rouge, un club d'aristocrate grasseyant la langue

des faubourgs.» Rivarol se rencontre là avec Champcemetz, «son clair de lune», Peltier, Montlosier,

Suleau, qui expiera, massacré, sur la terrasse des Feuillants, ses attaques contre Théroigne de Méricourt,

Langnon, Mirabeau cadet, etc. D'ailleurs, Rivarol se décide à émigrer et à quitter Paris le 10juin 1792.

Ce que fut cette guerre de plume des Actes des Apôtres (1789-1791), par les «mousquetaires de la
contre-révolution», on ne peut ici en donner qu'une idée sommaire par quelques citations de ces «échos»

mordants. Ce sont des parodies comme celle du songe d'Athalie:

Oui, je viens dans un temple adorer Mirabeau.

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