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Paul Ginisty - Anthologie du Journalisme
grande dame qu'il s'était créé lui-même grand seigneur, en dépit de son humble origine: «Je m'étais avisé de médire de l'amour: il m'a envoyé l'hymen pour se venger.»
Le journaliste, en Rivarol, sera le mieux représenté par les traits et par les maximes parfois contradictoires où se retrouve «le grand maître de la causerie».
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- Le peuple donne sa faveur, jamais sa confiance.
- Les droits sont des propriétés appuyées sur la puissance: si la puissance tombe, les droits tombent aussi.
- Le génie, en politique, consiste, non à créer, mais à conserver; non à changer, mais à fixer. Ce n'est pas la meilleure loi, mais la plus fixe, qui est la bonne.
- Il en est de la personne des rois comme des statues des dieux: les premiers coups portent sur le dieu même; les derniers ne tombent plus que sur un marbre défiguré.
- L'imprimerie est l'artillerie de la pensée.
- Voltaire a dit: «Plus les hommes seront éclairés, et plus ils seront libres.» Ses successeurs ont dit au peuple que plus ils seront libres, plus ils seront éclairés, ce qui a tout perdu.
- Malheur à ceux qui remuent le fond d'une nation.
- La philosophie étant le fruit d'une longue méditation et le résultat de la vie entière, ne peut, ne doit jamais être présentée au peuple, qui est toujours au début de la Vie.
- Quand Neptune veut calmer les tempêtes, ce n'est pas aux flots, mais aux vents qu'il s'adresse.
- Les vices de tous ont commencé la Révolution; les vices du peuple l'achèveront.
- Il faut attaquer l'opinion avec les armes de la raison: on ne tire pas des coups de fusil aux idées.
- La religion unit les hommes dans les mêmes dogmes, la politique les unit dans les mêmes principes, et la philosophie les resserre dans les lois; c'est le dissolvant de la société.
- Les souverains ne doivent jamais oublier que les écrivains peuvent recruter parmi les soldats, et qu'un général ne peut recruter parmi les lecteurs.
- Le peuple est un souverain qui ne demande qu'à manger: Sa Majesté est tranquille quand elle digère.
- Les nobles d'aujourd'hui ne sont plus que les mânes de leurs ancêtres
- La populace de Paris et celle des autres villes du royaume ont encore bien des crimes à commettre avant d'égaler les sottises de la cour et des grands.
- Il n'est point de siècles de lumière pour la populace. La populace est, toujours et en tout pays, la même: toujours cannibale, toujours anthropophage.
- L'amitié entre le monarque et le sujet doit toujours trembler, comme cette nymphe de la Fable, que Jupiter ne s'oublie un jour, et ne lui apparaisse environné de foudres et d'éclairs.
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