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Paul Ginisty - Anthologie du Journalisme

continuez, et, par votre justice envers toutes, vous aurez bien mérité de Dieu. Nous ne nous en tenons pas
là, les ouvrières de l'aiguille ont leurs apôtres; ouvrières de la pensée, faisons un choix à notre tour.

Le représentant qui unit nos sympathies, c'est le type un et une: être mâle par la virilité, femme par
l'intention divine, la poésie.

Nous voulons hommer Sand.

La première femme appelée à l'Assemblée constituante devrait être acceptée par les hommes. Sand ne
leur est pas semblable, mais son génie les étonne, et peut-être, magnifiques rêveurs, lui font-ils l'honneur

d'appeler mâle son génie.

Elle s'est faite homme par l'esprit, elle est restée femme par le côté maternel. Sand est puissante et
n'effraye personne: c'est elle qu'il faut appeler par le voeu de toutes au vote de tous.

Nous en avons la conviction, du jour où nos intérêts seront entre ses mains, elle vivra en nous et comme
nous.

Place aux principes, ils sont impérissables.

Place au talent, il est saint; place au génie, il est immortel.

(6 avril 1848)

**

RÉPONSE DE GEORGE SAND

Un journal rédigé par des dames a proclamé ma candidature à l'Assemblée constituante. Si cette
plaisanterie ne blessait que mon amour-propre, en m'attribuant une prétention ridicule, je la laisserais

passer.

Mais on pourrait croire que j'adhère aux principes dont ce journal se fait l'organe.

1.- J'espère bien qu'aucun lecteur ne voudra perdre son vote en prenant fantaisie d'écrire mon nom sur
son bulletin.

2.- Je n'ai pas l'honneur de connaître une seule des dames qui forment des clubs et rédigent des journaux.

3.- Les articles qui pourraient être signés de mon nom ou de mes initiales dans ces journaux ne sont pas
de moi.

Je demande pardon à ces dames, qui, certes, m'ont traitée avec beaucoup de bienveillance, de prendre des
précautions contre leur zèle.

GEORGE SAND.

*****

DE LEUVEN ET BRUNSWICK ET LE JOURNAL-VAUDEVILLE

On ne saurait oublier dans cette anthologie de la presse, en manière d'épilogue de sa première partie,
cette innovation théâtrale, née le 16janvier 1849, sur la scène du théâtre du Vaudeville précisément, le

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