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Le Lutrin

Poème héroï-comique

Nicolas Boileau-Despreaux

 

CHANT PREMIER
CHANT SECOND
CHANT TROISIEME
CHANT QUATRIEME
CHANT CINQUIEME
CHANT SIXIEME

 

CHANT PREMIER

Je chante les combats, et ce prélat terrible
Qui par ses longs travaux et sa force invincible,

Dans une illustre église exerçant son grand coeur,

Fit placer à la fin un lutrin dans le choeur.

C'est en vain que le chantre, abusant d'un faux titre,

Deux fois l'en fit ôter par les mains du chapitre :

Ce prélat, sur le banc de son rival altier

Deux fois le reportant, l'en couvrit tout entier.

Muse redis-mois donc quelle ardeur de vengeance
De ces hommes sacrés rompit l'intelligence,

Et troubla si longtemps deux célèbres rivaux.

Tant de fiel entre-t-il dans l'âme des dévots !

Et toi, fameux héros, dont la sage entremise
De ce schisme naissant débarrassa l'Eglise,

Viens d'un regard heureux animer mon projet,

Et garde-toi de rire en ce grave sujet.

Paris voyait fleurir son antique chapelle :
Ses chanoines vermeils et brillants de santé

S'engraissaient d'une longue et sainte oisiveté ;

Sans sortir de leurs lits plus doux que des hermines,

Ces pieux fainéants faisaient chanter matines,

Veillaient à bien dîner, et laissaient en leur lieu

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