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Molière - Tartuffe ou l'Imposteur

MARIANE

Qui l'auroit osé dire ?

ORGON

, à Tartuffe.

Hé bien ! te voilà, traître...

CLÉANTE

Ah ! mon frère, arrêtez,
Et ne descendez point à des indignités ;

A son mauvais destin laissez un misérable,

Et ne vous joignez point au remords qui l'accable :

Souhaitez bien plutôt que son coeur en ce jour

Au sein de la vertu fasse un heureux retour,

Qu'il corrige sa vie en détestant son vice

Et puisse du grand Prince adoucir la justice,

Tandis qu'à sa bonté vous irez à genoux

Rendre ce que demande un traitement si doux.

ORGON

Oui, c'est bien dit : allons à ses pieds avec joie
Nous louer des bontés que son coeur nous déploie.

Puis, acquittés un peu de ce premier devoir,

Aux justes soins d'un autre il nous faudra pourvoir,

Et par un doux hymen couronner en Valère

La flamme d'un amant généreux et sincère.

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