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Molière - Tartuffe ou l'Imposteur

MADAME PERNELLE

Il est besoin,
Pour accuser les gens, d'avoir de justes causes ;

Et vous deviez attendre à vous voir sûr des choses.

ORGON

Hé, diantre ! le moyen de m'en assurer mieux ?
Je devois donc, ma mère, attendre qu'à mes yeux

Il eût... Vous me feriez dire quelque sottise.

MADAME PERNELLE

Enfin d'un trop pur zèle on voit son âme éprise ;
Et je ne puis du tout me mettre dans l'esprit

Qu'il ait voulu tenter les choses que l'on dit.

ORGON

Allez, je ne sais pas, si vous n'étiez ma mère,
Ce que je vous dirois, tant je suis en colère.

DORINE

Juste retour, Monsieur, des choses d'ici-bas :
Vous ne vouliez point croire, et l'on ne vous croit pas.

CLÉANTE

Nous perdons des moments en bagatelles pures,
Qu'il faudroit employer à prendre des mesures.

Aux menaces du fourbe on doit ne dormir point.

DAMIS

Quoi ? son effronterie iroit jusqu'à ce point ?

ELMIRE

Pour moi, je ne crois pas cette instance possible,
Et son ingratitude est ici trop visible.

CLÉANTE

Ne vous y fiez pas : il aura des ressorts
Pour donner contre vous raison à ses efforts ;

Et sur moins que cela, le poids d'une cabale

Embarrasse les gens dans un fâcheux dédale.

Je vous le dis encore : armé de ce qu'il a,

Vous ne deviez jamais le pousser jusque là.

ORGON

Il est vrai ; mais qu'y faire ? A l'orgueil de ce traître,

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