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Molière - Tartuffe ou l'Imposteur
DAMIS
Vous avez vos raisons pour en user ainsi, Et pour faire autrement j'ai les miennes aussi. Le vouloir épargner est une raillerie ; Et l'insolent orgueil de sa cagoterie N'a triomphé que trop de mon juste courroux, Et que trop excité de désordre chez nous. Le fourbe trop longtemps a gouverné mon père, Et desservi mes feux avec ceux de Valère. Il faut que du perfide il soit désabusé, Et le Ciel pour cela m'offre un moyen aisé. De cette occasion je lui suis redevable, Et pour la négliger, elle est trop favorable : Ce seroit mériter qu'il me la vînt ravir Que de l'avoir en main et ne m'en pas servir.
ELMIRE
Damis...
DAMIS
Non, s'il vous plaît, il faut que je me croie. Mon âme est maintenant au comble de sa joie ; Et vos discours en vain prétendent m'obliger A quitter le plaisir de me pouvoir venger. Sans aller plus avant, je vais vuider d'affaire ; Et voici justement de quoi me satisfaire.
SCÈNE V. - Orgon, Damis, Tartuffe, Elmire. DAMIS
Nous allons régaler, mon père, votre abord D'un incident tout frais qui vous surprendra fort. Vous êtes bien payé de toutes vos caresses, Et Monsieur d'un beau prix reconnoît vos tendresses. Son grand zèle pour vous vient de se déclarer : Il ne va pas à moins qu'à vous déshonorer ; Et je l'ai surpris là qui faisoit à Madame L'injurieux aveu d'une coupable flamme. Elle est d'une humeur douce, et son coeur trop discret Vouloit à toute force en garder le secret ; Mais je ne puis flatter une telle impudence, Et crois que vous la taire est vous faire une offense.
ELMIRE
Oui, je tiens que jamais de tous ces vains propos
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