|
Molière - Tartuffe ou l'Imposteur
Comment ?
TARTUFFE
Couvrez ce sein que je ne saurois voir : Par de pareils objets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées.
DORINE
Vous êtes donc bien tendre à la tentation, Et la chair sur vos sens fait grande impression ? Certes je ne sais pas quelle chaleur vous monte : Mais à convoiter, moi, je ne suis point si prompte, Et je vous verrois nu du haut jusques en bas, Que toute votre peau ne me tenteroit pas.
TARTUFFE
Mettez dans vos discours un peu de modestie, Ou je vais sur-le-champ vous quitter la partie.
DORINE
Non, non, c'est moi qui vais vous laisser en repos, Et je n'ai seulement qu'à vous dire deux mots. Madame va venir dans cette salle basse, Et d'un mot d'entretien vous demande la grâce.
TARTUFFE
Hélas ! très volontiers.
DORINE
, en soi-même.
Comme il se radoucit ! Ma foi, je suis toujours pour ce que j'en ai dit.
TARTUFFE
Viendra-t-elle bientôt ?
DORINE
Je l'entends, ce me semble. Oui, c'est elle en personne, et je vous laisse ensemble.
SCÈNE III. - Elmire, Tartuffe. TARTUFFE
Que le Ciel à jamais par sa toute bonté Et de l'âme et du corps vous donne la santé, Et bénisse vos jours autant que le désire Le plus humble de ceux que son amour inspire.
|