|
Molière - Tartuffe ou l'Imposteur
VALÈRE
Que vous me comblez d'aise ! Et quoi que puisse oser...
DORINE
Ah ! jamais les amants ne sont las de jaser. Sortez, vous dis-je.
VALÈRE
. Il fait un pas et revient.
Enfin...
DORINE
Quel caquet est le vôtre ! Tirez de cette part ; et vous, tirez de l'autre. (Les poussant chacun par l'épaule.)
ACTE III. SCÈNE PREMIÈRE. - Damis, Dorine. DAMIS
Que la foudre sur l'heure achève mes destins, Qu'on me traite partout du plus grand des faquins, S'il est aucun respect ni pouvoir qui m'arrête, Et si je ne fais pas quelque coup de ma tête !
DORINE
De grâce, modérez un tel emportement ; Votre père n'a fait qu'en parler simplement. On n'exécute pas tout ce qui se propose, Et le chemin est long du projet à la chose.
DAMIS
Il faut que de ce fat j'arrête les complots, Et qu'à l'oreille un peu je lui dise deux mots.
DORINE
Ha ! tout doux ! Envers lui, comme envers votre père, Laissez agit les soins de votre belle-mère. Sur l'esprit de Tartuffe elle a quelque crédit ; Il se rend complaisant à tout ce qu'elle dit, Et pourroit bien avoir douceur de coeur pour elle. Plût à Dieu qu'il fût vrai ! la chose seroit belle. Enfin votre intérêt l'oblige à le mander : Sur l'hymen qui vous touche elle veut le sonder, Savoir ses sentiments, et lui faire connaître Quels fâcheux démêlés il pourra faire naître, S'il faut qu'à ce dessein il prête quelque espoir.
|