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Molière - Tartuffe ou l'Imposteur
ORGON
Enfin, ma fille, il faut payer d'obéissance, Et montrer pour mon choix entière déférence.
DORINE
, en s'enfuyant.
Je me moquerois fort de prendre un tel époux. (Il lui veut donner un soufflet et la manque.)
ORGON
Vous avez là, ma fille, une peste avec vous, Avec qui sans péché je ne saurois plus vivre. Je me sens hors d'état maintenant de poursuivre : Ses discours insolents m'ont mis l'esprit en feu, Et je vais prendre l'air pour me rasseoir un peu.
SCÈNE III. - Dorine, Mariane. DORINE
Avez-vous donc perdu, dites-moi, la parole, Et faut-il qu'en ceci je fasse votre rôle ? Souffrir qu'on vous propose un projet insensé, Sans que du moindre mot vous l'ayez repoussé !
MARIANE
Contre un père absolu que veux-tu que je fasse ?
DORINE
Ce qu'il faut pour parer une telle menace.
MARIANE
Quoi ?
DORINE
Lui dire qu'un coeur n'aime point par autrui, Que vous vous mariez pour vous, non pas pour lui, Qu'étant celle pour qui se fait toute l'affaire, C'est à vous, non à lui, que le mari doit plaire, Et que si son Tartuffe est pour lui si charmant, Il le peut épouser sans nul empêchement.
MARIANE
Un père, je l'avoue, a sur nous tant d'empire, Que je n'ai jamais eu la force de rien dire.
DORINE
Mais raisonnons. Valère a fait pour vous des pas :
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