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Molière - Tartuffe ou l'Imposteur

Qu'aux brocards d'un chacun vous alliez vous offrir.

ORGON

Vous ne vous tairez point ?

DORINE

C'est une conscience
Que de vous laisser faire une telle alliance.

ORGON

Te tairas-tu, serpent, dont les traits effrontés...?

DORINE

Ah ! vous êtes dévot, et vous vous emportez ?

ORGON

Oui, ma bile s'échauffe à toutes ces fadaises,
Et tout résolument je veux que tu te taises.

DORINE

Soit. Mais, ne disant mot, je n'en pense pas moins.

ORGON

Pense, si tu le veux, mais applique tes soins
A ne m'en point parler, ou... : suffit.

(Se retournant vers sa fille.)

Comme sage,

J'ai pesé mûrement toutes choses.

DORINE

J'enrage
De ne pouvoir parler.

(Elle se tait lorsqu'il tourne la tête.)

ORGON

Sans être damoiseau,
Tartuffe est fait de sorte...

DORINE

Oui, c'est un beau museau.

ORGON

Que quand tu n'aurois même aucune sympathie
Pour tous les autres dons...

(Il se tourne devant elle, et la regarde les bras croisés.)

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