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Molière - Tartuffe ou l'Imposteur
Elle se résolut à souffrir la saignée, Et le soulagement suivit tout aussitôt.
ORGON
Et Tartuffe ?
DORINE
Il reprit courage comme il faut, Et contre tous les maux fortifiant son âme, Pour réparer le sang qu'avoit perdu Madame, But à son déjeuner quatre grands coups de vin.
ORGON
Le pauvre homme !
DORINE
Tous deux se portent bien enfin ; Et je vais à Madame annoncer par avance La part que vous prenez à sa convalescence.
SCÈNE V. - Orgon, Cléante. CLÉANTE
A votre nez, mon frère, elle se rit de vous ; Et sans avoir dessein de vous mettre en courroux, Je vous dirai tout franc que c'est avec justice. A-t-on jamais parlé d'un semblable caprice ? Et se peut-il qu'un homme ait un charme aujourd'hui A vous faire oublier toutes choses pour lui, Qu'après avoir chez vous réparé sa misère, Vous en veniez au point...?
ORGON
Alte-là, mon beau-frère : Vous ne connoissez pas celui dont vous parlez.
CLÉANTE
Je ne le connois pas, puisque vous le voulez ; Mais enfin, pour savoir quel homme ce peut être....
ORGON
Mon frère, vous seriez charmé de le connoître, Et vos ravissements ne prendroient point de fin. C'est un homme... qui... ha !... un homme... un homme enfin. Qui suit bien ses leçons goûte une paix profonde, Et comme du fumier regarde tout le monde.
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