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Molière - Sganarelle
Célie
Un coeur qui jamais n'a fait la moindre chose À mériter l'affront où ton mépris l'expose !
Sganarelle
Il est vrai.
Célie
Qui bien loin... Mais c'est trop, et ce coeur Ne saurait y songer sans mourir de douleur.
Sganarelle
Ne vous fâchez pas tant, ma très chère Madame, Mon mal vous touche trop, et vous me percez l'âme.
Célie
Mais ne t'abuse pas jusqu'à te figurer Qu'à des plaintes sans fruit j'en veuille demeurer : Mon coeur, pour se venger, sait ce qu'il te faut faire, Et j'y cours de ce pas ; rien ne m'en peut distraire.
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SCÈNE XVII. - Sganarelle. Sganarelle
Que le ciel la préserve à jamais de danger ! Voyez quelle bonté de vouloir me venger ! En effet, son courroux, qu'excite ma disgrâce, M'enseigne hautement ce qu'il faut que je fasse ; Et l'on ne doit jamais souffrir, sans dire mot, De semblables affronts, à moins qu'être un vrai sot. Courons donc le chercher, ce pendard qui m'affronte : Montrons notre courage à venger notre honte. Vous apprendrez, maroufle, à rire à nos dépens, Et, sans aucun respect, faire cocus les gens.
(Il revient après avoir fait quelques pas.)
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