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Molière - Les Fourberies de Scapin
SCENE III - ZERBINETTE, GERONTE.
ZERBINETTE
, en riant, sans voir Géronte. Ah! ah! je veux prendre un peu l'air.
GERONTE
, se croyant seul. Tu me le payeras, je te jure.
ZERBINETTE
, sans voir Géronte. Ah! ah! ah! ah! la plaisante histoire et la bonne dupe que ce
vieillard!
GERONTE
Il n'y a rien de plaisant à cela, et vous n'avez que faire d'en rire.
ZERBlNETTE Quoi! que voulez-vous dire, Monsieur?
GERONTE
Je veux dire que vous ne devez pas vous moquer de moi.
ZERBlNETTE De vous?
GERONTE
Oui.
ZERBINETTE
Comment? qui songe à se moquer de vous?
GERONTE
Pourquoi venez-vous ici me rire au nez?
ZERBINETTE
Cela ne vous regarde point, et je ris toute seule d'un conte qu'on me vient de faire, le plus plaisant qu'on puisse entendre; je ne sais pas si c'est parce que je suis intéressée dans la chose, mais je n'ai jamais trouvé rien de si drôle qu'un tour qui vient d'être joué par un fils à son père pour en attraper de l'argent.
GERONTE
Par un fils à son père pour en attraper de l'argent?
ZERBINETTE
Oui. Pour peu que vous me pressiez, vous me trouverez assez disposée à vous dire l'affaire, et j'ai une démangeaison naturelle à faire part des contes que je sais.
GERONTE
Je vous prie de me dire cette histoire.
ZERBINETTE
Je le veux bien. Je ne risquerai pas grand'chose à vous la dire, et c'est une aventure qui n'est pas pour être
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