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Molière - Le Mariage forcé
Assurément ?
Sganarelle
Assurément.
Alcidas
Avec votre permission, donc...
(Alcidas lui donne encore des coups de bâton.)
Sganarelle
Ah! ah! ah!
Alcidas
Monsieur, j'ai tous les regrets du monde d'être obligé d'en user ainsi avec vous ; mais je ne cesserai point, s'il vous plaît, que vous n'ayez promis de vous battre, ou d'épouser ma soeur.
(Alcidas lève le bâton.)
Sganarelle
Eh bien, j'épouserai, j'épouserai.
Alcidas
Ah! Monsieur, je suis ravi que vous vous mettiez à la raison, et que les choses se passent doucement. Car enfin vous êtes l'homme du monde que j'estime le plus, je vous jure ; et j'aurais été au désespoir que vous m'eussiez contraint à vous maltraiter. Je vais appeler mon père, pour lui dire que tout est d'accord.
(Il va frapper à la porte d'Alcantor.)
Scène XVII. - Alcantor, Dorimène, Alcidas, Sganarelle.
Alcidas
Mon père, voilà Monsieur qui est tout à fait raisonnable. Il a voulu faire les choses de bonne grâce, et vous pouvez lui donner ma soeur.
Alcantor
Monsieur, voilà sa main ; vous n'avez qu'à donner la vôtre. Loué soit le ciel! m'en voilà déchargé, et c'est vous désormais que regarde le soin de sa conduite. Allons nous réjouir et célébrer cet heureux mariage.
FIN DU MARIAGE FORCÉ.
Notes [from 1890 edition]
(1) "Mettez donc dessus", pour "mettez donc votre chapeau". Locution elliptique qui n'est plus d'usage, et dont nous avons déjà vu un exemple dans l'"École des femmes", acte III, scène IV. - - - - - - (2) Donner un "cadeau" signifiait autrefois "donner un repas". Le P. Bouhours fait venir ce mot de "cadendo", parce
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