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Molière - L'École des femmes
En bonne politique on les doit interdire ; Car c'est là que l'on conspire Contre les pauvres maris.
NEUVIEME MAXIME Toute femme qui veut à l'honneur se vouer Doit se défendre de jouer, Comme d'une chose funeste ; Car le jeu, fort décevant, Pousse une femme souvent A jouer de tout son reste.
DIXIEME MAXIME Des promenades du temps, Ou repas qu'on donne aux champs, Il ne faut point qu'elle essaye ; Selon les prudents cerveaux, Le mari, dans ces cadeaux, Est toujours celui qui paye.
ONZIEME MAXIME...»
ARNOLPHE Vous achèverez seule ; et, pas à pas, tantôt Je vous expliquerai ces choses comme il faut. Je me suis souvenu d'une petite affaire : Je n'ai qu'un mot à dire et ne tarderai guère ; Rentrez, et conservez ce livre chèrement ; Si le notaire vient, qu'il m'attende un moment.
Scène 3 : ARNOLPHE, seul. Je ne puis faire mieux que d'en faire ma femme. Ainsi que je voudrai je tournerai cette âme ; Comme un morceau de cire entre mes mains elle est. Et je lui puis donner la forme qui me plaît. Il s'en est peu fallu que, durant mon absence, On ne m'ait attrapé par son trop d'innocence Mais il vaut beaucoup mieux, à dire vérité Que la femme qu'on a pèche de ce côté. De ces sortes d'erreurs le remède est facile. Toute personne simple aux leçons est docile ; Et, si du bon chemin on l'a fait écarter, Deux mots incontinent l'y peuvent rejeter. Mais une femme habile est bien une autre bête, Notre sort ne dépend que de sa seule tête De ce qu'elle s'y met rien ne la fait gauchir,
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