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Molière - L'École des femmes

« DEUXIEME MAXIME
Elle ne se doit parer

Qu'autant que peut désirer

Le mari qui la possède :

C'est lui qui touche seul le soin de sa beauté ;

Et pour rien doit être compté

Que les autres la trouvent laide.

TROISIEME MAXIME
Loin ces études d'oeillades,

Ces eaux, ces blancs, ces pommades,

Et mille ingrédients qui font des teints fleuris :

A l'honneur, tous les jours, ce sont drogues mortelles ;

Et les soins de paraître belles

Se prennent peu pour les maris.

QUATRIEME MAXIME
Sous sa coiffe, en sortant, comme l'honneur l'ordonne,

Il faut que de ses yeux elle étouffe les coups ;

Car, pour bien plaire à son époux,

Elle ne doit plaire à personne.

CINQUIEME MAXIME
Hors ceux dont au mari la visite se rend,

La bonne règle défend

De recevoir aucune âme :

Ceux qui de galante humeur

N'ont affaire qu'à madame

N'accommodent pas monsieur.

SIXIEME MAXIME
Il faut des présents des hommes

Qu'elle se défende bien ;

Car, dans le siècle où nous sommes,

On ne donne rien pour rien.

SEPTIEME MAXIME
Dans ses meubles, dût-elle en avoir de l'ennui,

Il ne faut écritoire, encre, papier, ni plumes :

Le mari doit, dans les bonnes coutumes,

Ecrire tout ce qui s'écrit chez lui.

HUITIEME MAXIME
Ces sociétés déréglées,

Qu'on nomme belles assemblées,

Des femmes tous les jours corrompent les esprits.

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