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Molière - L'École des femmes
Et l'on cherche souvent plus qu'on ne veut trouver.
Acte II
Scène 1 : ARNOLPHE. Il m'est, lorsque j'y pense, avantageux sans doute D'avoir perdu mes pas, et pu manquer sa route : Car enfin de mon coeur le trouble impérieux N'eût pu se renfermer tout entier à ses yeux ; Il eût fait éclater l'ennui qui me dévore, Et je ne voudrais pas qu'il sût ce qu'il ignore. Mais je ne suis pas homme à gober le morceau, Et laisser un champ libre aux voeux du damoiseau. J'en veux rompre le cours, et, sans tarder, apprendre Jusqu'où l'intelligence entre eux a pu s'étendre : J'y prends pour mon honneur un notable intérêt ; Je la regarde en femme, aux termes qu'elle en est ; Elle n'a pu faillir sans me couvrir de honte, Et tout ce qu'elle fait enfin est sur mon compte. Eloignement fatal! voyage malheureux!
(Frappant à sa porte.)
Scène 2 : ALAIN, GEORGETTE, ARNOLPHE. ALAIN Ah! monsieur, cette fois...
ARNOLPHE Paix! Venez çà tous deux. Passez là, passez là. Venez là, venez, dis-je.
GEORGETTE Ah! vous me faites peur, et tout mon sang se fige.
ARNOLPHE C'est donc ainsi qu'absent vous m'avez obéi? Et tous deux, de concert, vous m'avez donc trahi?
GEORGETTE
, tombant aux genoux d'Arnolphe.
Eh! ne me mangez pas, monsieur, je vous conjure.
ALAIN
, à part.
Quelque chien enragé l'a mordu, je m'assure.
ARNOLPHE
, à part.
Ouf! je ne puis parler, tant je suis prévenu ;
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