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Molière - L'École des femmes
Mais qui, dans l'ignorance où l'on veut l'asservir, Fait briller des attraits capables de ravir ; Un air tout engageant, je ne sais quoi de tendre Dont il n'est point de coeur qui se puisse défendre. Mais peut-être il n'est pas que vous n'ayez bien vu Ce jeune astre d'amour, de tant d'attraits pourvu : C'est Agnès qu'on l'appelle.
ARNOLPHE
, à part.
Ah! je crève!
AGNES Pour l'homme, C'est, je crois, de la Zousse, ou Source, qu'on le nomme ; Je ne me suis pas fort arrêté sur le nom : Riche, à ce qu'on m'a dit, mais des plus sensés, non ; Et l'on m'en a parlé comme d'un ridicule. Le connaissez-vous point?
ARNOLPHE
, à part.
La fâcheuse pilule!
AGNES Eh! vous ne dites mot?
ARNOLPHE Eh! oui, je le connais.
AGNES C'est un fou, n'est-ce pas?
ARNOLPHE Eh...
AGNES Qu'en dites-vous? Quoi! Eh! c'est-à-dire, oui. Jaloux à faire rire? Sot? Je vois qu'il en est ce que l'on m'a pu dire. Enfin l'aimable Agnès a su m'assujettir. C'est un joli bijou, pour ne vous point mentir ; Et ce serait péché qu'une beauté si rare Fût laissée au pouvoir de cet homme bizarre. Pour moi, tous mes efforts, tous mes voeux les plus doux, Vont à m'en rendre maître en dépit du jaloux ; Et l'argent que de vous j'emprunte avec franchise
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