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Molière - L'Avare
CLEANTE Comment ! mon père, c'est vous qui vous portez à ces honteuses actions !
(Maître Simon et La Flèche sortent.)
HARPAGON C'est toi qui te veux ruiner par des emprunts si condamnables !
CLEANTE C'est vous qui cherchez à vous enrichir par des usures si criminelles !
HARPAGON Oses-tu bien, après cela, paraître devant moi ?
CLEANTE Osez-vous bien, après cela, vous présenter aux yeux du monde ?
HARPAGON N'as-tu point de honte, dis-moi, d'en venir à ces débauches-là, de te précipiter dans des dépenses effroyables et de faire une honteuse dissipation du bien que tes parents t'ont amassé avec tant de sueurs ?
CLEANTE Ne rougissez-vous point de déshonorer votre condition par les commerces que vous faites, de sacrifier gloire et réputation au désir insatiable d'entasser écu sur écu et de renchérir, en fait d'intérêts, sur les plus infâmes subtilités qu'aient jamais inventées les plus célèbres usuriers ?
HARPAGON Ote-toi de mes yeux, coquin, ôte-toi de mes yeux !
CLEANTE Qui est plus criminel, à votre avis, ou celui qui achète un argent dont il a besoin, ou bien celui qui vole un argent dont il n'a que faire ?
HARPAGON Retire-toi, te dis-je, et ne m'échauffe pas les oreilles. (Seul.) Je ne suis pas fâché de cette aventure, et ce m'est un avis de tenir l'oeil plus que jamais sur toutes ses actions.
SCENE III - FROSINE, HARPAGON.
FROSINE Monsieur...
HARPAGON Attendez un moment. Je vais revenir vous parler. (A part.) Il est à propos que je fasse un petit tour à mon argent.
SCENE IV - LA FLECHE, FROSINE.
LA FLECHE L'aventure est tout à fait drôle. Il faut bien qu'il ait quelque part un ample magasin de hardes, car nous n'avons rien reconnu au mémoire que nous avons.
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