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Molière - L'Avare
Elise, est capable d'une fermeté... (Il aperçoit Harpagon.) Oui, il faut qu'une fille obéisse à son père. Il ne faut point qu'elle regarde comme un mari est fait ; et, lorsque la grande raison de sans dot s'y rencontre, elle doit être prête à prendre tout ce qu'on lui donne.
HARPAGON Bon ! Voilà bien parlé, cela.
VALERE Monsieur, je vous demande pardon, Si je m'emporte un peu et prends la hardiesse de lui parler comme je fais.
HARPAGON Comment ! J'en suis ravi, et je veux que tu prennes sur elle un pouvoir absolu. Oui, tu as beau fuir, je lui donne l'autorité que le ciel me donne sur toi, et j'entends que tu fasses tout ce qu'il te dira.
VALERE Après cela, résistez à mes remontrances ! Monsieur, je vais la suivre pour lui continuer les leçons que je lui faisais.
HARPAGON Oui, tu m obligeras. Certes...
VALERE Il est bon de lui tenir un peu la bride haute.
HARPAGON Cela est vrai. Il faut...
VALERE Ne vous mettez pas en peine, je crois que j'en viendrai à bout.
HARPAGON - -Fais, fais. Je m'en vais faire un petit tour en ville, et reviens tout à l'heure.
VALERE Oui, l'argent est plus précieux que toutes les choses du monde, et vous devez rendre grâces au ciel de l'honnête homme de père qu'il vous a donné. Il sait ce que c'est que de vivre. Lorsqu'on s'offre de prendre une fille sans dot, on ne doit point regarder plus avant. Tout est renfermé là-dedans, et sans dot tient lieu de beauté, de jeunesse, de naissance, d'honneur, de sagesse et de probité.
HARPAGON Ah ! le brave garçon ! Voilà parlé comme un oracle. Heureux qui peut avoir un domestique de la sorte.
ACTE II
SCENE PREMIERE - CLEANTE, LA FLECHE.
CLEANTE Ah ! traître que tu es, où t'es-tu donc allé fourrer ? Ne t'avais-je pas donné ordre... ?
LA FLECHE Oui, monsieur, et je m'étais rendu ici pour vous attendre de pied ferme ; mais monsieur votre père, le plus
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