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Molière - Dom Juan, ou le festin de pierre

LA STATUE

Arrestez, D. Juan, vous m'avez hier donné parole de venir manger avec moy.

D. JUAN

Oüy, où faut-il aller ?

LA STATUE

Donnez-moy la main.

D. JUAN

La voila.

LA STATUE

D. Juan, l'endurcissement au peché traîne une mort funeste, et les graces du Ciel que l'on renvoye,
ouvrent un chemin à sa foudre.

D. JUAN

O Ciel, que sens-je ? un feu invisible me brûle, je n'en puis plus, et tout mon corps devient un brasier
ardent, ah !

(Le tonnerre tombe avec un grand bruit et de grands éclairs sur D. Juan, la terre s'ouvre et l'abysme,
et il sort de grands feux de l'endroit où il est tombé.)

SGANARELLE

[Ah mes gages ! mes gages !] Voila par sa mort un chacun satisfait, Ciel offencé, Loix violées, filles
seduites, familles deshonorées, parens outragez, femmes mises à mal, maris poussez à bout, tout le

monde est content ; il n'y a que moy seul de malheureux, qui aprés tant d'années de service, n'ay point

d'autre recompense que de voir à mes yeux l'impieté de mon Maître, punie par le plus épouvantable

châtiment du monde. [Mes gages, mes gages, mes gages !]

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