salut.
D. CARLOS
Croyez-vous, D. Juan, nous ébloüir par ces belles excuses ?
D. JUAN
J'obeïs à la voix du Ciel.
D. CARLOS
Quoy vous voulez que je me paye d'un semblable discours ?
D. JUAN
C'est le Ciel qui le veut ainsi.
D. CARLOS
Vous aurez fait sortir ma soeur d'un Convent pour la laisser ensuite ?
D. JUAN
Le Ciel l'ordonne de la sorte.
D. CARLOS
Nous souffrirons cette tache en nostre famille ?
D. JUAN
Prenez-vous-en au Ciel.
D. CARLOS
Et quoy toûjours le Ciel ?
D. JUAN
Le Ciel le souhaite comme cela.
D. CARLOS
Il suffit, D. Juan, je vous entends, ce n'est pas icy que je veux vous prendre, et le lieu ne le souffre pas ;
mais avant qu'il soit peu, je sçauray vous trouver.
D. JUAN
Vous ferez ce que vous voudrez, vous sçavez que je ne manque point de coeur, et que je sçay me servir
de mon épée quand il le faut, je m'en vais passer tout à l'heure dans cette petite ruë écartée qui mene au
grand Convent, mais je vous declare pour moy, que ce n'est point moy qui me veux battre, le Ciel m'en
défend la pensée, et si vous m'attaquez, nous verrons ce qui en arrivera.
D. CARLOS
Nous verrons, de vray, nous verrons.
SCÈNE IV - D. JUAN, SGANARELLE.
SGANARELLE